L’art de la guerre (future) pour les nuls – 02 – Aliens

L'art de la guerre (future) pour les nuls, les articles dédiés à la SF militaire ! Aujourd'hui, retour sur Aliens et ses marines coloniaux !
Aliens © Brandywine Productions

En ce temps-là

Second article ADLGFPLN (ça c’est du sigle) traitant d’une œuvre de science-fiction militaire, quel que soit le support (le premier est ici).

Voici Aliens !

Mon premier contact avec le genre de la science-fiction militaire remonte à l’enfance, avec ce film, Aliens (en français, Aliens, le retour. Voilà qui est peu inspiré, n’est-ce pas ? Quand on sait que le premier s’appelait « Alien », le « s » ajouté subtilement se suffit à lui-même. Non seulement il annonce la suite, mais aussi qu’il y a désormais plus d’une créature, bref).

À l’époque, le contrôle parental n’était qu’une vague notion et regarder sous son lit avant de dormir, une règle.

Mais bon.

Je me demande parfois si mes références, mon parcours de vie, auraient été différents si je n’avais pas découvert ce genre de films à un jeune âge. Qui sait ?

Alors ! Aliens… est-ce que je dois vraiment vous dire de quoi ça parle ?

Oui, hein, je vais le faire. Malgré son statut de classique, il se peut que vous ne l’ayez pas vu. Ça arrive (je connais bien des gens qui n’ont pas vu Star Wars, alors…).

Puisqu’il s’agit d’une suite, je ne vais pas pouvoir éviter les spoilers, même si je tenterai de les limiter. Si vous n’avez pas non plus vu Alien premier du nom, c’est peut-être l’occasion de vous y mettre.

C’est un très bon film, mais ne vous attendez pas à y voir des soldats, il s’agit avant tout d’une œuvre qui mêle science-fiction et horreur, il n’y a pas d’éléments militaires.

À peine arrivée…

L’histoire d’Aliens prend place cinquante-sept ans après celle du premier film.

La capsule de sauvetage d’Ellen Ripley est interceptée alors qu’elle dérivait dans l’espace, ses occupants (Jones le chat et Ripley) plongés dans un sommeil artificiel.

Interrogée sur ce qui lui est arrivé, ainsi qu’aux autres membres de l’équipage et au vaisseau commercial Nostromo, disparus, Ripley ne fait que raconter la vérité au sujet du parasite extraterrestre ramené à bord, qui a décimé ses collègues et l’a contrainte à déclencher l’autodestruction du cargo.  

Une explication qui ne convainc pas les responsables de la compagnie pour laquelle travaillait la jeune femme, d’autant moins qu’une colonie a depuis été implantée sur la planète LV-426, déserte lors du passage du Nostromo, et qu’aucun problème n’a jamais été signalé.

Ripley est alors mise à pied.

Pour être plus tard rappelée, lorsque la colonie ne donne plus signe de vie. Ripley accepte d’accompagner une mission de sauvetage, menée par un peloton de marines coloniaux, en tant que consultante.

Juste une autre chasse aux cafards

Et ces marines, parlons-en ! Le sergent Apone, le caporal Hicks, les soldats Frost, Hudson, Drake, Vasquez…

À mes yeux, ils représentent l’archétype du soldat de fiction, le genre que je veux représenter dans mes propres ouvrages (leur léger manque de discipline mis à part).

Ces femmes et ces hommes nous sont présentés comme cools et confiants. Blasés.

À les voir, leur métier, qui consiste à manier des armes et à risquer leur vie n’a rien de bien particulier. Pour eux, il est clair que cette mission de sauvetage n’est qu’un boulot de plus, pas de quoi en faire un fromage.

À mesure que le moment d’être déployés approche, toutefois, le professionnalisme reprend le dessus et il n’est bientôt plus question de se montrer léger (à l’exception d’Hudson, le comique de service).

Face à une telle introduction, on a presque le sentiment que tout va rouler, que nos petits gars vont débarquer, arroser les créatures, tout faire péter et rentrer au bercail, tranquille, normal, quoi.

Évidemment, ce ne sera pas le cas.

Le sens du détail

Quand j’ai découvert ces marines, quelque part dans les années 90, je les ai tout de suite trouvés plus intéressants que le personnage principal, Ripley (avec lequel je n’ai accroché que bien plus tard), et j’ai toujours été frustré que leur temps d’écran soit si réduit.

Ils étaient cools, rendaient l’impression d’être plus que des personnages secondaires, on sentait chez eux une véritable alchimie, un passif, une histoire personnelle. Je voulais en apprendre plus à leur sujet.

Plus tard, j’ai découvert que le réalisateur, James Cameron, avait demandé aux acteurs de vivre ensemble, de subir un véritable entraînement militaire avant le tournage et, leur donnant des feutres, de personnaliser l’équipement des personnages qu’ils allaient incarner… s’inspirant en cela de ce qu’on toujours fait les véritables soldats.

Mais pourquoi se donner ce mal pour des personnages secondaires quand le film est centré sur Ripley ?

Déjà, je crois que Cameron est un réalisateur perfectionniste qui a le souci du détail qui fait vrai. Ainsi, ses personnages de second plan sont travaillés et donnent l’impression qu’ils pourraient être les héros de leur propre film.

Ensuite, je pense qu’il s’est dit que la meilleure façon de souligner le côté létal et impitoyable des créatures, était encore de créer la sympathie pour les marines chez le spectateur, avant de le frustrer en lui enlevant ces personnages qu’il commence à peine à connaître.

De plus, le film y gagne en réalisme, car ce n’est pas parce qu’on est quelqu’un de bien ou de sympathique qu’on survit forcément à la rencontre avec l’ennemi.

À noter aussi que Cameron a un jour déclaré que l’assurance des marines et leur armement très complet représentait une allégorie de la guerre du Viêt Nam (terminée en 1975 et encore présente dans les esprits à la sortie du film, en 1986).

Malgré leur supériorité numérique et leur accès à un arsenal à la pointe de la technologie, les soldats américains (marines coloniaux) connurent la défaite face à un ennemi moins bien équipé, mais plus déterminé (les aliens).  

On retrouve d’ailleurs une image de ce genre dans l’un des autres films du réalisateur, Avatar.

Sauf que dans celui-là, les soldats sont représentés comme l’ennemi et les autochtones comme les « gentils ».

Mais j’y reviendrai peut-être dans un prochain article.

Mon avis

Alors, est-ce que je recommande le visionnage d’Aliens ? Étant donné que ce film compte parmi mes préférés, difficile de répondre non.

Du point de vue du strict divertissement, il a tout pour plaire, à partir du moment où on apprécie les films d’action/science-fiction/horreur et qu’on peut se satisfaire d’effets spéciaux old school (mais toujours très bons).

En tant qu’amateur de SF militaire, je serais plus nuancé.

Même si j’ai tenté d’éviter les spoilers, si vous avez lu jusqu’ici, vous avez compris que les marines ne sont pas les stars du film, malgré leur potentiel évident.

Ripley est un bon personnage et ce qui lui arrive est digne d’intérêt, m’enfin, elle ne porte pas l’uniforme… Et nous, ici, c’est ce qui nous intéresse.

Alors si vous voulez tenter le coup, vous voilà prévenus.

Je vous recommande la version longue du film, qui ajoute quelques scènes avec les marines (entre autres), ce qui est toujours bon à prendre ! Cameron déclare d’ailleurs que c’est la version qu’il a toujours voulu montrer au cinéma.

Tous en boîte !

Ma note : 9/10 – Génial.

Degré de SF militaire : 40 % – On reste sur sa faim, mon lieutenant !

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